#LoiCO2Oui! – Stephen Neff, CEO de myclimate: Pourquoi je m’engage!

La position de myclimate est claire: OUI! à la nouvelle loi sur le CO2. Le CEO de myclimate Stephen Neff expose son point de vue personnel et explique pourquoi il est possible de soutenir cette loi avec assurance et optimisme.

 

myclimate CEO Stephen Neff (Photo: myclimate)

Cela ne surprendra personne que myclimate et moi-même, en ma qualité de CEO, soyons favorables à la loi sur le CO2. Bien sûr, cette loi n’est pas parfaite, mais elle constitue un premier pas solide vers une économie et une société respectueuses du climat. Il s’agit surtout d’une réponse démocratique typiquement suisse au plus grand défi de notre époque.


Ça se passe comme ça chez nous

La nouvelle loi sur le CO2 met en lumière le processus d’élaboration de politiques en Suisse et la capacité d’action de notre démocratie. Cette loi est passée par toutes les étapes du processus politique, une démarche qui demande beaucoup de temps et d’efforts. Pourtant, elle garantit que le plus de voix possible soient entendues et que le plus grand nombre d’acteurs possible se retrouvent dans ce texte. Aussi, la loi sur le CO2 ne présente pas des exigences maximales, mais constitue un compromis rééquilibré, quoique non dénué d’effets. 

Toutefois, un obstacle au projet se dresse encore: différents groupes d’intérêts ont lancé un référendum contre la loi sur le CO2. Il s’agit là aussi d’une procédure normale dans notre système politique et, bien que ce référendum entraîne un report de la mise en œuvre, je m’en félicite sincèrement. Il offre selon moi une chance à saisir. Un oui clair et net à la loi sur le CO2 enverrait un message fort: les Suisses veulent une politique climatique ancrée dans la loi et ils sont ouverts à une mise en œuvre ambitieuse!

Cette nouvelle loi sur le CO2 apporte la preuve de notre capacité d’action et, si le référendum livre un résultat sans ambigüité, la loi jouira définitivement d’une légitimité démocratique incontestable.


Pas de clivages «droite-gauche» ou «élites contre peuple»

Des associations comme EconomieSuisse, swisscleantech, SwissMem ou l’association suisse du bâtiment ont déjà signifié leur soutien à la loi, de même que presque tous les partis politiques. Tout un aréopage d’acteurs économiques suisses - loi-co2-maintenant.ch - s’est engagé en faveur de la loi sur le CO2, à l’instar de l’Alliance climatique suisse et ses représentants. 

Ce projet n’est donc absolument pas une question de camp politique ou d’opposition entre «la bourgeoisie» et «la gauche» ou entre «l’économie» et «le peuple». La nouvelle loi sur le CO2 traduit en une politique concrète le souhait, ambitieux et très répandu dans la population, que la Suisse mette à profit ses moyens – qui sont loin d’être limités – pour lutter efficacement contre le changement climatique. La nouvelle loi sur le CO2 permet donc de bien préparer la Suisse à l’avenir.  

Il s’agit d’un projet qui vise à assurer un avenir souhaitable en passant outre les limites entre partis et au sein de l’économie et de la société.


Nous investissons!

Cette loi n’engendre pas de coûts: elle encourage et stimule les investissements. Nous nous appuyons sur toutes ses mesures pour investir dans des solutions concrètes et viables. L’autre option serait simple (mais extrêmement chère): chercher à optimiser ses bénéfices à court terme sans garantie de réussite conduirait inévitablement à des efforts douloureux et constants pour réagir aux conséquences du réchauffement climatique, à savoir la hausse des coûts environnementaux et sociaux, sans valeur ajoutée. Pays des PME et à la pointe de la recherche, la Suisse a tout intérêt à investir à temps, d’autant plus que les mesures et les solutions respectueuses du climat prévues à long terme par la loi ouvrent des débouchés considérables sur le marché intérieur et à l’international. 

En ce qui concerne les particuliers, la nouvelle loi sur le CO2 est dotée d’un volet social. Ainsi, elle ne va pas créer de nouveaux impôts et s’appuiera plutôt sur l’instrument éprouvé de la taxe incitative, par exemple sur les billets d’avion. De même, des projets concrets portant sur la consommation de carburants par les véhicules privés ou la promotion délibérée des chauffages respectueux du climat, dont l’exploitation est moins onéreuse, permettront de réaliser des économies durables.

La loi sur le CO2 encourage des investissements qui bénéficieront à l’environnement, à l’économie et aux ménages.


Une question de clairvoyance, de responsabilité et de raison 

Tant pour la place économique suisse que pour les grandes entreprises et les nombreuses PME du pays, la loi sur le CO2 pose les bases de la réussite de demain. La loi sur le CO2 fournira une orientation claire à l’inventivité, à la capacité d’innovation et à l’esprit d’entreprise qui caractérisent notre pays. 

Elle nous poussera également à assumer notre responsabilité, en particulier nous qui jouons un rôle dans le monde des affaires. Pour autant, nous ne jugerons pas notre action uniquement à l’aune de chiffres économiques: un environnement préservé, la création d’emplois stables et un engagement en faveur d’un meilleur avenir sont autant de «KPI» tout aussi déterminants pour la satisfaction des entreprises. Pour elles, dire OUI à cette loi est une décision judicieuse sur le plan économique, mais aussi une manière de reconnaître leur propre responsabilité tout en investissant dans leur héritage pour l’avenir.

La loi sur le CO2 va au-delà des chiffres: elle incite à assumer sa responsabilité et à produire des effets positifs.


La contribution suisse à la solution globale

Le cadre mondial est déjà défini: les conditions de l’accord de Paris sur le climat, ratifié par la Suisse en 2017, continueront de s’appliquer après 2020. Notre pays s’est engagé devant la communauté internationale à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 50% par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2030. La nouvelle loi servira ni plus ni moins à faire en sorte que nous respections tous cet engagement. 

À l’international, la Suisse jouit d’une réputation de garant de la stabilité et de la crédibilité. Or, une politique climatique ancrée dans la législation suisse permet de renforcer cette position. En revanche, un statu quo affaiblirait notre position et nuirait à notre image sur la scène politique et économique internationale, sans compter qu’il constituerait une opposition fondamentale à la tradition suisse de l’engagement en faveur des valeurs humanistes dans le monde. 

La nouvelle loi sur le CO2 renforce le rôle de la Suisse, à la fois partenaire politique et acteur économique à l’international.


Une pièce (presque) parfaite dans la mosaïque

En tant qu’amoureux de la nature, père et entrepreneur, il est évident que tous ces arguments me convainquent de m’engager avec fougue en faveur de la loi sur le CO2. Mais je ne ferme pas les yeux sur les lacunes que cette loi présente encore; nous poursuivrons le débat sur une agriculture plus respectueuse du climat, une mobilité et des transports individuels plus efficaces et plus propres, et un approvisionnement énergétique durable. Avec myclimate, nous comptons soumettre plusieurs solutions à cet égard. 

La nouvelle loi sur le CO2 n’est ni une panacée, ni la réponse à toutes les questions. Pourtant, il s’agit peut-être de l’élément précis dont nous avons besoin maintenant afin de mobiliser toutes les forces dont dispose la Suisse en faveur de la protection du climat à l’international. Ce n’est qu’en nous appuyant sur cette loi que nous pourrons franchir les prochaines étapes nécessaires. Plus nous apporterons tous un soutien plein et entier à cette loi, plus il sera facile de proposer, d’adopter et de mettre en œuvre des mesures complémentaires durables. 

#LoiCO2Oui!

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